Dans humeurs maladie

La seule chose qui reste à faire est pleurer



Aujourd'hui je ne vais pas vous parler de quelque chose de joyeux, d'heureux. Je m'excuse par avance car cet article n'est pas vraiment structuré, je l'ai écris comme les mots me venaient et aussi parce qu'il est assez long. J'ai beaucoup hésité avant de l'écrire et puis je me suis dit qu'il le fallait parce qu'on ne parle pas assez de ce sujet, parce que ça peut aider.

Pour elle, cette grande brune à la beauté ravageuse, cette personne si généreuse et si gentille, cette fille sur qui j'ai toujours pu compter, cette alliée toujours prête à défendre ceux qu'elle aimait et à leur venir en aide. Elle et son humour si spécial, ses blagues souvent bêtes mais qui nous faisaient toujours rire, cette dose de bonne humeur quotidienne. Cette bouille à bisous, cette fille avec un cœur en or et des bras réconfortants. Cette surdouée aux capacités intellectuelles aussi impressionnantes que celles physiques, cette passionnée d'équitation, de photo et de running. Cette personne qui m'a accompagnée depuis ma naissance et qui a toujours fait partie de ma vie.

Pour lui, ce garçon dont toutes les filles du lycée étaient folles amoureuses mais qui n'avait d'yeux que pour elle, ce beau brun qui la faisait tourner en bourrique mais qui aurait fait n'importe quoi pour elle, celui à qui elle pouvait tout dire sans que jamais il ne la juge. Celui qui l'a aimé depuis le début de leur histoire et jusqu'à la fin, celui qui lui a fait passer les plus belles années de sa vie, celui qui a su la supporter malgré ses crises et ses reproches.

Pour eux, ses amis avec qui elle pouvait tout partager, les bons comme les mauvais moments, ses fidèles acolytes de bêtises en tout genre, ses alliés de tous les jours, ses fêtards toujours partant pour une soirée. Sa #TeamBeautey comme elle l'appelait, ses copines de classe ultra chouettes et super coquettes, les filles que tout le monde remarquaient au lycée, sa clique quoi.

Pour ses parents, ses personnes si fiers de leur superbe fille au caractère bien trempé mais si attachante et intelligente, leur petite surdouée, leur second bébé, leur première poupée.

Pour moi, qui lui ai parfois mené la vie dure, mais qui au fond ne pouvait pas m'imaginer sans elle. Même si elle n'avait pas le même sang que moi, même si ce n'était "qu'une amie", je l'ai toujours considéré comme ma sœur, un membre de ma famille, un point c'est tout. C'était la grande sœur que je n'ai jamais eu et elle occupait ce rôle à merveille.

Pour nous tous, ses proches, pour nous souvenir à jamais à quel point elle était une personne hors du commun. Et pour que les personnes qui vivent la même situation que nous se sentent moins seuls. Parfois je me demande ce que serait la vie si elle était encore là. Quand je vais mal, quand je vais bien, j'aimerais qu'elle soit présente à mes côtés pour vivre tout ça avec moi. Perdre un être cher n'est pas une épreuve facile mais elle n'est pas insurmontable non plus. Avec le temps la douleur est moins forte mais elle est toujours là, et ça à jamais.

La vie est parfois injuste, la leucémie l'a emportée à seulement 17 ans après plus de deux ans de combat. Ce n'était encore qu'une adolescente, elle avait toute la vie devant elle. Et même après toutes ces années, je ne cesse de penser à elle. Parfois on se retrouve tous juste pour se souvenir d'elle, parce qu'on ne veut pas l'oublier. De toute façon on ne pourrait pas même si on le voulait, on n'oubli pas une personne qu'on aime. Son chéri est maintenant en couple avec une autre fille (ce que je trouve bien d'ailleurs, après un long moment à être renfermé sur lui il a enfin décidé de continuer de vivre sa vie) mais lui non plus ne l'oubli pas, il a toujours une photo d'elle dans son portable et dans son portefeuille : "On n'oubli pas son premier amour, surtout pas quand tu as aimé cette personne aussi fort que j'ai pu le faire". Personne ne peut l'oublier.

Je vous laisse aussi le lien du blog d'une super maman ayant une fille atteinte elle aussi de la leucémie (clique ici). Je suis toutes ses photos sur Instagram, elle nous y partage des nouvelles sur sa Princesse et quand je vois les jolis sourires de sa tribu je trouve ça très touchant et rassurant. Bonne guérison Michèle ♥

Et quand j'y pense, le plus dur est peut-être pour les proches, parce que perdre une personne qu'on aime est l'épreuve la plus difficile qu'on puisse rencontrer dans sa vie, et l'aider à surmonter la maladie l'est tout autant.


Alors même si les souvenirs et l'amour restent, on essai continuellement d'apaiser notre douleur. Et la seule chose qui reste à faire est pleurer.

Manon, mon amour ♥

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4 bavardages:

  1. Wah, ton texte est tellement émouvant, tellement fort ! On ressent ce que tu as ressentie, ce que tu ressens encore. Toutes ces émotions qui viennent te bouleverser. Courage à toi, à sa famille, à vous tous ! J'ai moi aussi perdue un être qui m'était très cher, à cause d'un cancer ! Un maudit cancer incurable (malheureusement) et c'est vrai, que le plus dur c'est pour les proches, parce que c'est nous qui nous souvenons.

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    1. Merci beaucoup, je suis contente que tu ai ressenti ce que je voulais vous transmettre à travers mon article. Courage à toi aussi

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  2. Il y a des gens que l'on oublie jamais, partis trop tôt... j'ai eu une amie comme ça, la seule qui m'aie jamais comprise... ce n'est pas la maladie qui l'a emportée, mais un pauvre con qui a pris le volant complètement torché, qui l'a renversée et lui a roulé dessus en s'enfuyant. Qui n'a été condamné qu'à 6 mois de prison avec sursis alors qu'il y avait meurtre et délit de fuite... bref. Je ne peux que comprendre que tu ne puisses pas oublier même après tant d'années.

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  3. Ton texte est tellement beau que j'en ai les larmes aux yeux... C'est pas facile de perdre quelqu'un et même s'il n'est plus là, on n'oublies jamais quelqu'un qu'on aime.

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